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Professionnels de la santé
Recherche et controverse dans le domaine
des glucides et de la nutrition
Les 9 et 10 novembre 2001, le
département d'éducation permanente interprofessionnelle
de l'Université de Colombie-Britannique, en coopération
avec l'Institut canadien du sucre et d'autres commanditaires, a tenu
un congrès de deux jours sur les questions scientifiques actuelles
et les problèmes touchant les consommateurs dans le domaine des
glucides et de la nutrition. Plus de 220 diététistes et
professionnels de la santé ont participé au congrès.
Ce numéro spécial de Glucides-Info donne un résumé
des présentations sur les questions scientifiques au sujet des
glucides et de la nutrition. Puisque pour des raisons d'espace nous
ne pouvons inclure toutes les présentations, nous tenons à
souligner aussi la participation de ces personnes : Susan Barr, PhD,
dt.p., professeure à l'Université de Colombie-Britannique;
Mary Bush, MSc, dt.p., directrice adjointe, Bureau de la politique et
de la promotion de la nutrition, Santé Canada; Laura Kalina,
RDN, MAd Ed, fondatrice de Shop Smart Tours; Bretta Maloff, dt.p., MEd,
responsable du développement communautaire des services de santé
de Calgary; et Diane Morris, PhD, dt.p., présidente de Mainstream
Nutrition.
Introduction : la complexité
des glucides
Johanna Dwyer, DSc, dt.p., professeure, Tufts University Schools
of Medicine and Nutrition
Dans le passé, les glucides
ont souvent passé après les autres éléments
nutritifs et étaient un peu délaissés des professionnels
de la santé. Cependant, les découvertes de la dernière
décennie font que les glucides sont maintenant le centre d'attention
principal.
Avec cet intérêt accru envers les glucides, des changements
de paradigme surviennent. On remplit graduellement les lacunes dans
les tables de composition des aliments pour les glucides. Auparavant,
les glucides des aliments étaient déterminés en
fonction de la différence après analyse des autres constituants
alimentaires. Puisque certaines bases de données ont constaté
les limites de cette méthode, elles ont commencé à
utiliser une analyse chimique directe pour obtenir les niveaux estimatifs
des divers glucides. Malheureusement, nous n'avons pas toujours d'information
sur la consommation des constituants des glucides (p. ex., les sucres)
puisque la plupart des données sont basées sur la disparition
des aliments. Il y a des lacunes entre la disparition et la consommation
réelle car un calcul a montré que la consommation de sucre
en fonction de la disparition était de 25 c. à thé
(par personne par jour), de plus que la consommation réelle.
Par conséquent, il est évident qu'il faut réussir
à améliorer la précision des données sur
la consommation.
La définition des glucides et de ses constituants est en évolution.
Les définitions récentes comprennent la nature physiologique
et chimique des glucides, les réactions métaboliques ainsi
que les conséquences sur la santé (1). Ces définitions
classent les glucides de l'alimentation en sucres, oligosaccharides
et polysaccharides (voir le tableau ci-dessous).
| Glucides de l'alimentation |
Sous-groupes |
Composants |
| Sucres
(1 à 2 polymères) |
Monosaccharides
Diasaccharides
Polyols
|
glucose,
galactose, fructose
sucrose, lactose, maltose
sorbitol, mannitol |
Oligosaccharides
(3-9) |
Malto-oligosaccharides
Autres oligosaccharides |
maltodextrins
raffinose,
fructo-oligosaccharides |
Polysaccharides
(>9) |
Amidon
Polysaccharides non-amylacés
|
amylose,
amylopectine, amidons modifiés
cellulose, pectines |
De nos jours, les recherches et discussions portent principalement
sur les effets physiologiques des glucides et de leurs composants. Les
nutritionnistes réfléchissent beaucoup sur les quantités,
types et sources de glucides nécessaires à la santé
optimale y compris leurs effets sur la santé dentaire, les performances
athlétiques, le transit intestinal, le diabète, la masse
grasse, la perte et le maintain du poids. Par exemple, la recherche
se concentre sur l'indice glycémique, un paramètre servant
à caractériser les effets physiologiques des aliments
contenant des glucides ainsi que les conséquences sur la santé
d'une alimentation à indice glycémique élevé
par rapport à faible chez les personnes souffrant de diabète.
D'autres recherches portent sur le concept d'un ratio idéal de
macronutriments ainsi que les effets sur la santé des différents
ratios de macronutriments. Les résultats de ces recherches pourraient
entraîner des changements importants pour ce qui a trait aux recommendations
nutritionnelles.
La science des glucides est en pleine évolution et continue
à susciter des débats et discussions animés. Les
résumés qui suivent vous donneront plus de détails
sur les travaux en cours et les controverses au sujet des glucides dans
la nutrition.
Références
- Consultation d'expert FAO/OMS. Carbohydrates in Human Nutrition,
1998.
La consommation
de glucides au Canada : Ce que nous savons et ce que nous ne savons
pas
Alison M. Stephen, PhD, directrice de la recherche, Fondation des
maladies du coeur du Canada*
*Affiliation depuis mai 2002
On pense généralement
qu'au Canada la consommation de glucides, en particulier de sucre, est
élevée et à la hausse. En fait, pour les raisons
méthodologiques et pratiques expliquées ci-dessous, on
ne connaît pas à l'heure actuelle la consommation réelle
de glucides et de ses composants.
Déterminer la consommation de
glucides : les difficultés
Les rapports sur la consommation de glucides et de ses composants présentent
un problème, car ces termes n'y sont souvent pas définis,
ce qui entraîne des applications incorrectes des données.
Ainsi, le mot << sucre >>
sert à invoquer le sucre ordinaire (saccharose), les glucides
ajoutés, tous les glucides sauf le lactose, ou les édulcorants
(p.ex., sirop de maïs, glucose, miel). Pour pallier ce problème,
il faudrait adopter des définitions standard pour les glucides,
comme par exemple la somme des glucides, les oligosaccharides et les
polysaccharides (1).
Pour évaluer la consommation, il faut connaître la teneur
en glucides des aliments. Malheureusement, le recours à deux
méthodes différentes pour déterminer la teneur
en glucides limite les possibilités de comparer les données
sur la consommation dans l'ensemble des études. Selon une méthode,
appliquée dans les bases de données européennes
et dans d'autres pays, on détermine la teneur en mono, di et
polysaccharide des aliments grâce à une analyse directe,
la somme représentant les glucides. En revanche, en Amérique
du Nord, on calcule la teneur en glucides selon la méthode <<
par différence >>, c'est-à-dire
qu'on la calcule en soustrayant le poids des protéines, des graisses,
des cendres et de l'humidité d'un aliment au poids total de ce
dernier. Cette méthode entraîne une surestimation des glucides,
car elle tient compte des composés non glucidiques et des glucides
non assimilables ou fibres. Par exemple, la teneur en glucides et en
énergie d'une portion de spaghettis calculée selon la
méthode directe est de 50,6 g et 237 kcal (2), mais de 64,6 g
et 321 kcal avec de la méthode <<
par différence >> (3). Par conséquent,
les données nord-américaines sur la consommation de glucides
et sur l'apport énergétique des glucides sont en général
gonflées par rapport à celles publiées en Europe.
Les disponibilités alimentaires et les données des enquêtes
nutritionnelles ont été rapportées comme si elles
étaient représentatives de la consommation réelle,
alors que ces valeurs sont extrêmement différentes. On
part souvent du principe, à tort, que les disponibilités
alimentaires, également appelées consommation apparente
ou approvisionnement, reflètent la consommation réelle.
Ces données se fondent sur la production, les importations et
exportations et représentent tous les aliments consommables disponibles.
Toutefois, la consommation réelle est beaucoup plus faible en
raison du gaspillage, de l'altération des aliments et des utilisations
non alimentaires. Le gaspillage varie selon les pays, mais il peut aussi
ou sein d'un même pays, différer au fil des ans et selon
chaque élément nutritif. Il est donc faux de penser que
les disponibilités alimentaires représentent la consommation
au que les écarts notés au fil des ans ou entre pays correspondent
à des changements dans la consommation.
On ne peut vraiment évaluer la consommation réelle qu'en
procédant à des évaluations alimentaires, comme
des enquêtes nutritionnelles. Malheureusement, ces dernières
manquent aussi de précision, en raison d'oublis, du fardeau des
répondants et de l'exclusion volontaire et involontaire de certains
aliments, tous connus comme << sousdéclarés >>.
La consommation réelle se situe entre les aliments consommables
disponibles et ceux déclarés consommés.
Ce que nous savons sur les glucides
et la consommation de glucides au Canada
Bien que la disponibilité alimentaire n'indique pas la véritable
consommation, beaucoup de gens se sont servis de ces données
pour faire état des tendances au fil des ans. Au Canada, la disponibilité
d'énergie est passée de 2800 kcal par habitant par jour
en 1961 à 3200 kcal en 1999 (4). Ces valeurs sont probablement
beaucoup plus élevées que les consommations réelles
- les enquêtes américaines les évaluent à
2000 kcal (5), et témoignent ou pas d'une hausse de la consommation,
selon le gaspillage. Pendant cette période, les disponibilités
des glucides tombés du début des années 1960 au
début des années 1990 de 53 % à 49 % des calories
pour se stabiliser à 51 % pendant les années 1990, alors
que les disponibilités en lipides sont passées de 34 %
à 38 % à 35 % au cours de la même période,
et celles en protéines se sont maintenues à environ 13
%. Pendant cette période, les disponibilités en sucre
(saccharose) ont baissé, mais les disponibilités totales
des sucres (p. ex., sirop de maïs) ne sont pas connues au Canada.
L'enquête de 1972 de Nutrition Canada constitue l'étude
nationale la plus récente sur la consommation alimentaire dans
ce pays (6). Plus récemment, certaines provinces ont mené
des enquêtes qui donnent quelques indications sur la consommation
de glucides. Selon l'enquête menée au Québec en
1990, le nombre de grammes par jour de glucides était plus faible
qu'en 1972, tandis que le pourcentage énergétique provenant
des glucides était semblable (7). Par contre, selon l'enquête
effectuée en Saskatchewan en 1994, le pourcentage énergétique
et le nombre de grammes par jour de glucides étaient plus élevé
qu'en 1972 (8). Il faut espérer que le tableau sur la consommation
des glucides sera plus clair une fois les enquêtes provinciales
terminées.
On a aussi cerné les tendances individuelles des évaluations
en fouillant toutes les études dans lesquelles la consommation
s'appuyait sur des documents (9). D'après ces données,
la consommation de lipides a baissé au Canada des années
1960 à 2000, soit d'environ 40 % à 32 % en ce qui concerne
l'énergie, et celle des glucides a augmenté d'environ
50 % à 55 %. Toutefois, dans l'absolu, ces données n'indiquent
pas de changement dans la consommation de ces éléments
nutritifs.
Il n'existe pas de données précises sur la consommation
de sucres au Canada, car aucune enquête n'a été
récemment menée. De plus, la valeur des glucides totaux
et du saccharose ne sont indiqués que pour 43 % et 31 % respectivement
des aliments cités dans la base de données sur la composition
des aliments du Fichier canadien sur les éléments nutritifs.
On ne sait donc pas à l'heure actuelle si la consommation de
sucres a augmenté, baissé ou plafonné au Canada.
Tant que le Canada ne se dotera pas d'une base de données contenant
des renseignements exacts sur les glucides et les fractions glucidiques
des aliments, et ne mènera pas une enquête nutritionnelle,
les données sur la consommation continueront d'être des
devinettes.
Références
- Les glucides en nutrition humaine, 1998, Consultation d'experts
de la FAO/OMS.
- Holland B et al. McCance et Widdowson's the composition of foods
5th ed. Londres : Her Majesty’s Stationary Office 1992.
- Pennington, JAT. Bowes et Church’s food values of portions commonly
used 17th ed. Philadelphia: Lippincott 1998.
- Bilans alimentaires 1961-1999, 1999, Rome, FAO
- U.S. Department of Agriculture, Agricultural Research Service.
Nationwide Food Surveys, Report No. 96-2. 1998
- Direction générale de la protection de la santé.
Food Consumption Patterns Report: A report from Nutrition Canada.
Ministère de la Santé nationale et du Bien-être
social, Ottawa, 1974.
- Rapport de l'enquête québécoise sur la nutrition,
1990, Montréal, Ministère de la Santé et des
Services sociaux, Gouvernement du Québec.
- University of Saskatchewan. Saskatchewan Nutrition Survey 1993-
94. Saskatoon: University of Saskatchewan 2001.
- Stephen AM, et al. Am J Clin Nutr 1995;62:851S-67S.
Glucides alimentaires
et perte de poids
Linda McCargar, PhD, dt.p., professeure de nutrition humaine, University
of Alberta
L'obésité est une
maladie à multiples facettes qui touche plus de 25 % des Canadiennes
et Canadiens. Les déterminants de l'obésité comprennent
une interaction complexe entre les facteurs génétiques,
comportementaux, environnementaux et physiologiques. Les conséquences
sociales, économiques et sur la santé de l'obésité
sont considérables et les Canadiennes et les Canadiens essaient
diverses stratégies pour perdre du poids. Les méthodes
les plus populaires utilisées par les hommes et les femmes sont
les régimes alimentaires, l'activité physique et sauter
des repas (1).
Plusieurs facteurs diététiques influent sur la consommation
d'aliments et le poids. Une densité énergétique
accrue, la consommation d'alcool, la palatabilité et l'abondance
des aliments tendent à accroître la consommation alimentaire
et à faire grossir, alors que la consommation de fibres et le
volume alimentaire ont plutôt tendance à se traduire par
une moins grande consommation d'aliments et une perte éventuelle
de poids. L'influence sur le poids du bilan énergétique,
ou différence entre l'apport énergétique et l'énergie
dépensée, et l'importance de la composition des macro-éléments
du régime alimentaire sont des domaines qui font l'objet d’études
et de débats très poussés.
Les différences de mécanismes d'oxydation et de stockage
parmi les macronutrients renseignent sur la façon dont chacun
devrait influer le poids corporel. Il existe une hiérarchie de
l'oxydation des substrats basée sur la capacité du corps
d'emmagasiner chaque macro-élément et d'autoréguler
le métabolisme (2). L'alcool est au sommet de cette hiérarchie
car le corps ne l'emmagasine pas. Les glucides et les protéines
viennent ensuite car leur métabolisme est très régulé
et la capacité d'emmagasinage est minimale. Leur oxydation s'adapte
immédiatement en fonction de leur consommation. En outre, les
glucides sont la source d'énergie préférentielle
pour le corps alors que les lipides dispose d'une très grande
capacité d'emmagasinage sous la forme des tissus adipeux et le
métabolisme est moins régulé. L'oxydation de les
lipides s'adapte plus lentement à la consommation de graisse.
Par conséquent, cette hiérarchie suggère que l'emmagasinage
de graisse et la prise de poids ont de plus grandes chances de se produire
lorsque la consommation de graisse, plutôt que les protéines
ou les glucides, est supérieure aux besoins d'énergie.
Des recherches ont été entreprises afin de déterminer
s'il existe une composition idéale de macro-éléments
pour perdre du poids. Le tableau qui suit donne des exemples d'études
qui ont évalué l'incidence, sur la perte de poids, des
régimes peu caloriques et de régimes dont la composition
en graisse et glucides varie. Ces études montrent que, quel que
soit le ratio glucides-graisse des régimes alimentaires, les
pertes de poids sont similaires. Par conséquent, la perte de
poids est associée à une réduction du nombre total
de calories et non aux nutriments dont se compose le régime alimentaire.
| Études
examinant l'incidence de divers ratios graisse-glucides (CHO)
sur la perte de poids |
| Étude 1 (3) |
Étude 2 (4) |
Étude 3 (5) |
Étude 4 (6) |
| Femmes
sédentaires avec
surcharge pondérale (n = 35) |
Sujets
avec surcharge pondérale
(n = 62) |
Sujets avec surcharge pondérale
(n = 68) |
Sujets avec surcharge pondérale
(n = 43) |
| 1200
kcal/j pendant 10 semaines |
1533
kcal/j pendant 12 semaines |
1200
kcal/j pendant 12 semaines |
1000 kcal/j pendant 6 semaines |
| Régimes
(% graisse : CHO):
10:75, 35:45 ou 45:25 |
Régimes
(% graisse : CHO):
10:70, 32:50* ou 32:50* |
Régimes
(% graisse : CHO): 45:25
ou 25:45 |
Régimes
(% graisse : CHO): 55:15
ou 25:45 |
Conclusion
: La perte de poids est la même pour chaque régime
alimentaire |
Conclusion
: La perte de poids est la même pour chaque régime
alimentaire |
Conclusion
: La perte de poids est la même pour chaque régime
alimentaire |
Conclusion
: La perte de poids est la même pour chaque régime
alimentaire |
| *
Types différents de gras |
Ces conclusions suggèrent que, contrairement à ce qu'affirment
de nombreux livres de régime très populaire, lorsqu'on
réduit l'apport énergétique de manière permanente,
il y a perte de poids, quelle que soit la composition des macro-éléments.
La composition des macro-éléments recommandée par
les lignes directrices canadiennes, soit 55 % de glucides, 15 % de protéines
et 30 % ou moins de graisse, représente les connaissances scientifiques
actuelles en matière d’apports alimentaires suggérés (7).
Plusieurs partisans des régimes très faibles en glucides
prétendent qu'une alimentation riche en glucides entraîne
une surproduction d'insuline, ce qui en retour cause un déséquilibre
métabolique au niveau de l'obésité. Cependant,
les données scientifiques ne prouvent pas que ceci serait un
mécanisme causal. En fait, on recommande habituellement aux personnes
à risque de résistance à l'insuline, une alimentation
faible en gras et riche en glucides et en fibres afin d'empêcher
le surpoids et de réduire le risque de développer des
problèmes cardiaques et de diabète. En outre, bon nombre
des ces régimes alimentaires ont une teneur élevée
en graisses saturées et en protéines, qui sont réputées
pour entraîner des maladies cardiovasculaires et fatiguer les
reins. Si ces régimes sont efficaces, c'est en fait parce qu'ils
sont faibles en calories et non à cause de la composition de
leur macroéléments.
Références
- Green KL, et al. CMAJ 1997; 157(S1):S17-25.
- Rolls BJ, Hill JO. Carbohydrates and weight management. Washington,
DC: ILSI Press, 1998.
- Alford BB, et al. JADA 1990; 534-540.
- Noakes M, Clifton PM. Am J Clin Nutr 2000; 71:706-12.
- Golay A, et al. Int J Obes Relat Metabolic Disord 1996; 20:1067-72.
- Golay A, et al. Am J Clin Nutr 1996; 63:174-8.
- Santé Canada 1990 Recommandations sur la nutrition: Rapport
du Comité scientifique de révision.
Indice glycémique
et diabète
Sharon Leung, RDN, Éducatrice agréée en nutrition,
Diététiste clinicienne, Vancouver Hospital and Health
Sciences Centre
L'Association canadienne du diabète
(ACD) recommande que les personnes diabétiques comblent de 50
à 60 % de leurs besoins énergétiques par des glucides
contenus dans les céréales, le pain et les autres produits
céréaliers, les légumineuses, les légumes,
les fruits, les produits laitiers et les sucres ajoutés. Elle
recommande aussi de manger au moins 25 à 35 g de fibres par jour
et d'inclure dans l'alimentation des personnes diabétiques des
aliments ayant un indice glycémique (IG) faible (1).
On a mis au point l'indice glycémique au début des années
1980 pour classer les aliments riches en glucides en fonction de leurs
effets sur le taux de glucose sanguin (2). À l'heure actuelle,
plus de 750 valeurs d'IG ont été publiées pour
divers aliments. L'IG est un système normalisé et éprouvé
en clinique de classification des aliments d'après leur effet
sur la glycémie, sur une période de 2 à 3 heures,
comparativement à un aliment de référence (le pain
blanc ou le glucose, auquel on a attribué la valeur de 100).
Le principal facteur déterminant l'IG d'un aliment est la vitesse
de digestion et d'absorption des glucides. Les aliments présentant
un IG faible sont digérés et absorbés plus lentement
que les aliments à IG élevé, et entraînent
ainsi une hausse plus modérée du glucose sanguin. On peut
répartir les aliments en aliments à IG faible (< 55),
à IG intermédiaire (55 à 70) ou à IG élevé
(> 70), le glucose étant la valeur de référence
(3).
| Exemples d’aliments à IG faible, intermédiaire
et élevé dans divers groupes alimentaires* |
| |
FAIBLE |
INTERMÉDIAIRE |
ÉLEVÉ |
| CÉRÉALES |
All
BranMC (51) |
Frosted
FlakesMC (55) |
Flocons
de maïs (81) |
| FRUITS |
Pomme
(39) |
Banane
(60) |
Pastèque
(72) |
| ÉDULCORANTS |
Fructose
(14) |
Sucrose
(60) |
Glucose
(100) |
| RIZ |
Étuvé
(précuit) (47) |
Brun
(66) |
Instantané
(87) |
| POMMES
DE TERRE |
Patate
douce (54) |
Pomme
de terre au four (60) |
Pommes
de terres instantanées (85) |
| *Par
rapport au glucose (= 100). Pour l'IG dont le pain blanc est
la valeur de référence, voir (4). Les valeurs
ont été adaptées d’après
(4). |
Le concept d'indice glycémique a remis en question l'opinion
traditionnelle selon laquelle on pourrait déterminer les effets
métaboliques des aliments sur glucose sanguin d'après
la composition chimique des glucides, et selon laquelle les diabétiques
devraient éviter les sucres. On pensait auparavant que les sucres
étaient nuisibles aux personnes diabétiques parce qu'ils
causaient une augmentation rapide du glucose sanguin et que cette augmentation
était supérieure à celle provoquée par amidons.
Cependant, on a découvert que certains sucres avaient en réalité
un IG plus faible que de nombreux autres aliments riches en amidons
(voir le tableau cidessus), et que le saccharose, en quantité
modérée, n'exerçait pas d'effet excessif sur la
glycémie.
On a démontré que la consommation d'aliments ayant faible
IG améliorait la maîtrise de la glycémie et de lipidémie
et qu'elle s'associait à une réduction du risque d'apparition
d'un diabète de type 2. Une méta-analyse 11 études
a révélé qu'un régime composé d'aliments
faible IG permettait de réduire l'hémoglobine glycosylée
9 %, la glycémie sur 24 heures de 16 %, le cholestérol
6 %, et les triglycérides de 9 % (5). En outre, certaines études
ont permis de démontrer que les aliments à faible IG pouvaient
contribuer au maintien du poids parce qu'ils rassasient davantage que
les aliments à IG élevés ou graisses.
Tout comme l'ACD, l'Association européenne pour l'étude
du diabète, Diabetes Australia et l'Organisation mondiale de
la santé ont recommandé l'usage de l'indice glycémique
chez les personnes diabétiques. Toutefois, à l'heure actuelle,
l'American Diabetes Association (ADA) n'appuie pas son usage. Elle considère
que la quantité totale de glucides dans les repas ou les collations
est plus importante que leur source ou leur type (6). L'ADA s'interroge
également sur la commodité de l'indice glycémique,
sur le risque de limitation des choix alimentaires et sur les preuves
cliniques étayant son efficacité à long terme.
La poursuite de recherches aidera à répondre à
ces questions et à évaluer son utilité en matière
d'éducation nutritionnelle.
Lignes directrices pratiques pour les
personnes diabétiques
Les adeptes de l'indice glycémique recommandent que les aliments
à faible IG soient mis de l'avant dans la prise en charge alimentaire
du diabète comme une façon d'optimiser la maîtrise
de la glycémie (1). Il suffit pour cela d'inclure au moins un
aliment à faible IG aux repas. La simple substitution d'un aliment
à IG élevé (p. ex., la banane) par un aliment à
faible IG (p. ex., une orange) peut aider à y parvenir. L'ajout
d'aliments acides (p. ex., le vinaigre, le jus de citron), de protéines
et de gras aux repas peut aussi ralentir la digestion de l'amidon et
réduire ainsi l'indice glycémique. Il importe de souligner
qu'il n'est pas nécessaire d'éliminer les aliments à
IG élevé de l'alimentation puisque certains d'eux contribuent
à fournir de l'énergie et des nutriments importants. De
plus, le fait d'associer des aliments à IG élevé
à d'autres à IG faible donne un repas à IG intermédiaire.
Il est essentiel de manger une variété d'aliments à
chaque repas et collation.
Bien que les valeurs d'indice glycémique aient été
déterminées en fonction des aliments ingérés
isolément, on peut appliquer l'IG aux repas mixtes ou aux régimes
alimentaires en entier en calculant la valeur pondérée
de l'IG d'un repas ou d'un régime (7). On doit connaître
le contenu glucidique total d'un repas et la contribution de chaque
aliment au total des glucides.
Il est essentiel que l'IG ne constitue pas le seul critère
de sélection des aliments. On doit utiliser l'IG conjointement
avec d'autres recommandations nutritionnelles relatives au diabète.
La surveillance de la consommation totale de glucides et la distribution
de cette consommation sont également des facteurs très
importants. Les données cliniques et épidémiologiques
actuelles appuient le recours à un régime faible en gras
et élevé en glucides et en fibres chez la plupart des
personnes diabétiques. Les aliments ayant un IG faible peuvent
avoir des effets métaboliques favorables et devraient être
mis de l'avant.
Références
- Wolever TM, et al. Can J of Diabetes Care 1999; 23(3): 56-69.
- Jenkins DJ, et al. Am J Clin Nutr 1981; 34: 362-6.
- Brand-Miller J, et al. The Glucose Revolution 1999; Marlowe & Company,
New York, NY.
- Foster-Powell K, et al. Am J Clin Nutr 2002; 76: 5-56.
- Brand-Miller J. Am J Clin Nutr 1994; 59(suppl): 747S-52S.
- Franz MJ, et al. Diabetes Care 2002; 25(1): 202-12.
- Chew, et al. Am J Clin Nutr 1988; 47(1): 53-6.
Les glucides et
la santé dentaire
Dominick DePaola, DDS, PhD, président et chef de la direction,
The Forsyth Institute Mary Faine, MS, dt.p., professeure agrégée,
école d'arts dentaires, Université de Washington
L'hygiène buccale est
un élément vital de la santé et du bien-être
général. Pourtant, la carie dentaire est la maladie la
plus courante de l'enfance, notamment chez les minorités et les
familles à faible revenu, alors qu'il s'agit d'une des maladies
les plus facilement évitables au monde (1). Le fait est que malheureusement,
85 % de la population mondiale n'ont pas accès aux soins dentaires.
La carie dentaire se caractérise par une déminéralisation
progressive de l'émail dentaire, avec interaction de quatre facteurs
dans la bouche : la plaque bactérienne cariogène, un substrat
fermentescible, les facteurs propres à l'hôte et à
la dentition et la salive (1).
Il est évident qu'il existe une relation directe entre le régime
alimentaire et la carie dentaire. C'est le plus souvent l'action du
sucre qui est mise en cause dans la carie dentaire. Si le saccharose
a des propriétés cariogènes, il est important de
comprendre que tous les glucides fermentescibles contribuent à
la formation de caries dentaires. Les glucides fermentescibles comprennent
les sucres et amidons qui peuvent se dégrader dans la bouche
par l'amylase salivaire. L'amylase salivaire cause la dégradation
des amidons en maltose disaccharide.
Ce processus qui favorise la carie débute lorsque les aliments
ou les boissons sont ingérés, avec métabolisation
des composants glucidiques par la plaque bactérienne pour former
des acides organiques. Ces acides abaissent le pH de la plaque, qui
peut dissoudre la structure et l'émail dentaire et mener à
la carie dentaire. Ainsi, tous les résidus alimentaires glucidiques
ont des propriétés cariogènes (2). Par contre,
les alcools de sucre, notamment le mannitol, le xylitol et le sorbitol,
dont la fermentation se fait très lentement et qui entraînent
une production limitée d'acide, ne contribuent pas à la
carie dentaire.
Les aliments à potentiel cariogène élevé
sont ceux qui ont une forte teneur en glucides fermentescibles, qui
se dissolvent lentement ou qui ont une rétention buccale prolongée,
qui sont consommés fréquemment, qui abaissent le pH et/ou
qui adhèrent aux dents (1, 2, 4). Tous les glucides fermentescibles
abaissent le pH de la plaque; plus l'acidité du pH de la plaque
se prolonge, et plus il y a risque d'érosion. Certains glucides
fermentescibles abaissent plus le pH que d'autres. Ainsi, aussi bien
les flocons de maïs qu'une solution de saccharose abaissent le
pH de la plaque; par contre, la production d'acide se prolonge plus
longtemps avec les flocons de maïs, ce qui augmente le potentiel
de déminéralisation (3).
La forme des aliments glucidiques et la fréquence de leur consommation
sont deux facteurs qui favorisent la formation de caries. Les aliments
qui collent aux dents (comme le caramel ou les fruits secs) ou entre
les dents (comme les croustilles et les craquelins) restent dans la
cavité buccale et augmentent le risque de carie dentaire. Les
particules alimentaires peuvent rester sur les dents pour une période
atteignant 20 minutes, avec accumulation rapide de maltose dans ces
particules. La consommation fréquente d'aliments glucidiques
fermentescibles entre les repas favorise la formation de caries. L'étude
Vipeholm de 1954 a été l'une des premières à
définir une distinction entre la quantité de sucre absorbée
et la fréquence de l'absorption de sucre (4). Cette étude
a montré que la carie dentaire augmentait considérablement
en cas de consommation fréquente de sucres entre les repas, mais
que leur consommation pendant les repas n'avait qu'un effet limité.
Tout comme il existe certains facteurs qui favorisent la carie dentaire,
il existe certains éléments diététiques
qui assurent une certaine protection. Une production de salive suffisante
modifie l'effet des glucides fermentescibles sur les dents et contribue
à réduire la durée des bactéries dans la
bouche; la salive contient des éléments protégeant
contre la carie, comme le fluorure, le calcium, le magnésium,
des solutions tampons et des agents antimicrobiens (5). Les protéines
et les lipides procurent également une certaine protection contre
la carie dentaire. Les nutriments protecteurs, comme le fluorure, le
calcium, la vitamine D et le phosphore, contribuent à réduire
la déminéralisation de l'émail dentaire. Certains
aliments ont aussi un effet protecteur contre la carie dentaire. Ainsi,
la consommation d'un morceau de fromage dur avant un glucide fermentescible
bloque la baisse de pH remarquée après son ingestion.
Ce fait vient confirmer que l'ordre dans lequel les aliments sont consommés
et les types particuliers d'aliments ont un effet sur la réduction
ou l'augmentation du risque de caries. C'est pour cette raison que la
modération et la sélection d'une alimentation très
variée reste des facteurs clés de la réduction
du risque de caries.
La santé dentaire exige un régime alimentaire sain (voir
tableau), ce qui ne veut pas dire que l'hygiène dentaire n'est
pas essentielle. Les pratiques d'hygiène dentaire d'une personne
ont un effet marqué sur le processus de formation des caries.
Les programmes de prévention visant à contrôler
et à bloquer la carie dentaire doivent se concentrer sur la fluoration
et les bonnes habitudes d'hygiène buccale, qui comprennent notamment
le brossage, l'utilisation de soie dentaire et les examens dentaires
réguliers.
| Messages nutritionnels pour la santé dentaire |
| Message |
Raison |
| Suivre
un régime équilibré qui comprend à
la fois modération et variété. |
Les
glucides fermentescibles peuvent contribuer à de bonnes
habitudes alimentaires en modération. |
| Combiner
les aliments dans un ordre qui favorise la mastication et
la production de salive. |
Les
combinaisons d'aliments crus et d'aliments cuits peuvent favoriser
la production de salive. Les aliments à forte teneur
en protéines combinés avec des glucides cuits,
tout comme les aliments à base de produits laitiers
combinés avec des glucides fermentescibles peuvent
modifier le pH de la plaque dentaire. |
| Assurer
un apport suffisant de fluorure. |
Le
fluorure augmente la résistance des dents aux acides
et favorise leur reminéralisation. L'eau fluorée
et les boissons faites à base d'eau fluorée
constituent une bonne source. |
| Espacer
la fréquence d'absorption des glucides fermentescibles
d'au moins deux heures. |
Le
retour à un pH neutre pour la plaque dentaire peut
prendre jusqu'à 120 minutes après exposition
à des glucides fermentescibles. |
Références
- DePaola, DP, Faine, MP and Palmer, CP. Nutrition in Relation to
Dental Medicine. In Modern Nutrition in Health and Disease, 9th Ed.
1999. pp. 1099-1124.
- Köönig KG, Navia JM. Am J Clin Nutr. 1995, 62(suppl):275S-83S.
- DePaola, DP and Schachtele CF. Diet and Oral Disease. In Biochemical
and Physiological Aspects of Human Nutrition. 2000. pp. 866-891.
- Gustafsson BE, et al. Acta Odontol Scand 1954; 11:232-264.
- NIN Review. The Effect of Diet on Dental Health. Winter 1997, Review
No. 26.
Les glucides
avant et après le sport
Louise M. Burke, PhD, APD, responsable de la nutrition sportive,
Australian Institute of Sport
Les réserves totales de
glucides dans le corps sont limitées et souvent moindres que
ce qui est nécessaire pour les athlètes qui s'entraînent
ou sont en compétition. Toutefois, la disponibilité des
glucides comme substrat pour le métabolisme des muscles est un
facteur essentiel du rendement pour les efforts intermittents de grande
intensité et les exercices d'aérobie prolongés.
Donc, les lignes directrices concernant la nutrition en matière
de sport présentent diverses options pour augmenter avec précision
la disponibilité des glucides pour l'exercice, y compris la consommation
de glucides avant et pendant l'exercice et pendant la période
de récupération entre les séries d'exercices prolongés.
Lorsque ces stratégies arrivent à améliorer ou
à garder les glucides au niveau désiré, elles retardent
la fatigue et donnent une plus grande capacité et endurance pendant
l'exercice.
Avant une compétition, un athlète doit s'assurer que
ses réserves de glycogène dans le foie et les muscles
sont suffisantes pour répondre aux besoins en énergie
de l'activité en question. Pour les activités sportives
de moins de 60 minutes, les réserves de glycogène dans
le muscle normalisées au niveau au repos d'athlètes entraînés
sont adéquates. S'il n'y a pas de muscles endommagés,
la réserve de glycogène peut être ramenée
au niveau initial par une consommation élevée de glucides
pendant 24 à 36 heures [7 à 10 g/kg de masse corporelle/jour],
en plus d'une diminution de la fréquence et de l'intensité
des exercices. Donc, la préparation avant l'événement
sportif consiste en une consommation élevée de glucides
et une diminution l'intensité de l'exercice jour précédent
la compétition.
Les athlètes qui participent à des activités
de 90 minutes et plus peuvent améliorer leurs performances en
maximisant les réserves de glycogène dans les muscles
au cours des trois jours avant la compétition, en suivant un
programme d'exercices et d'alimentation connu sous le nom de surcharge
glucidique. Bien que la version originale de la surcharge glucidique
consistait à diminuer la quantité de glucides avant la
phase de surcharge, les recherches récentes montrent que les
athlètes entraînés peuvent augmenter les concentrations
de glycogène dans les muscles de 25 à 100 % par rapport
aux périodes de repos, tout simplement en diminuant l'entraînement
et en consommant des glucides à tous les jours à raison
de 8 à 10 g/kg de masse corporelle pendant les 72 heures avant
l'événement. Une telle augmentation des réserves
de glycogène dans les muscles n'est pas avantageuse pour les
exercices de courte durée et de grande intensité ou qui
durent moins d'une heure. Cependant, des réserves maximales en
glycogène permettent à l'athlète de continuer de
s'exercer à un niveau optimal pendant une plus longue période
lors d'événements assez longs exigeant une intensité
moyenne (p. ex., cyclisme, course à pied) ou des efforts intermittents
(sports d'équipe). Finalement, on peut aussi améliorer
les performances en consommant un repas riche en glucides quelques heures
avant l'exercice pour faire augmenter encore plus les réserves
de glycogène dans le foie ou le muscle, ou en fournissant une
source de glucose pendant l'exercice.
La recharge après l'exercice est un défi pour les athlètes
qui suivent plus d'une séance d'entraînement par jour.
Alors que le facteur principal influençant la synthèse
du glycogène est la quantité de glucides consommée,
il semble que certains aliments et boissons riches en glucides à
indice glycémique (IG) moyen ou élevé pourraient
favoriser les réserves de glycogène plus que certains
aliments à faible IG.
L'accumulation de glycogène se produit légèrement
plus vite au cours des quelques heures après l'exercice, mais
la raison principale pour suggérer des repas ou goûters
riches en glucides tout de suite après l'exercice est que la
recharge ne commence pas avant d'avoir consommé environ 1 g/kg
de masse corporelle de glucides. Cette stratégie est importante
lorsqu'il y a moins de 8 heures entre les séances d'exercice,
mais lorsque le temps de récupération est plus long, l'athlète
devrait suivre son régime habituel pour arriver à maximiser
sa consommation de glucides. Alors que des recherches avaient déjà
indiqué que la consommation de protéines et de glucides
pouvait améliorer la synthèse de glycogène, ces
résultats ont été réfutés dans de
récentes études. Néanmoins, les protéines
et autres éléments nutritifs des repas et des goûters
suivant l'exercice peuvent servir à améliorer le progrès
de d'autres processus de récupération et d'adaptation
à l'exercice.
Guide pratique pour la récupération après l'exercice
- Lorsque l'athlète a besoin de maximiser la récupération
en vue d'un autre entraînement ou événement
dans les 6 à 8 heures qui suivent, la recharge doit commencer
aussitôt que possible (dans les 30 minutes) avec la consommation
importante d'aliments et de boissons riches en glucides (au
moins 1 g/kg de masse corporelle).
- Bien que
les besoins individuels en glucides et en énergie varient
d'un athlète à l'autre, la recharge en glucides
voulue est en général d'environ 1 g/kg de masse
corporelle pour chaque 2 heures de récupération,
jusqu'à un total d'environ 7 à 10 g/kg de masse
corporelle. Il faut donc choisir un repas qui correspond à
l'horaire de l'athlète ainsi qu'à ses préférences
du point de vue gastro-intestinal.
- Certaines
recherches montrent que les aliments et boissons riches en glucides
ayant un indice glycémique modéré ou élevé
conviennent mieux à la récupération de
glycogène que les aliments avec un indice glucidique
faible. Les athlètes doivent choisir différents
aliments riches en éléments nutritifs pour atteindre
la quantité de glucides voulue et ainsi répondre
à tous les besoins nutritionnels de leur corps.
- La consommation
de protéines et de micronutriments au tout début
de la période de récupération après
l'exercice peut être utile pour aider d'autres processus
de réparation et d'adaptation.
- La restoration
de l'équilibre hydrique est aussi un autre point important
de la récupération après l'exercice.
|
References
- Burke, L. Preparation for competition. In: Clinical Sports Nutrition.
L. Burke and V. Deakin (Eds.) Sydney, Australia: McGraw-Hill, 2000,
pp. 341-368. Burke, L. Nutrition for recovery after competition and
training. In: Clinical Sports Nutrition. L.
- Burke and V. Deakin (Eds.) Sydney, Australia: McGraw-Hill, 2000,
pp. 396-427.
- Hargreaves, M. Metabolic responses to carbohydrate ingestion: effects
on exercise performance. In: Perspectives in exercise science and
sports medicine. D.R. Lamb and R. Murray (Eds.) Carmel, In.: Cooper,
1999, pp. 93-124
La connaissance
des glucides chez les consommateurs
Sandra Marsden, MHSc, dt.p., Présidente, Institut canadien
du sucre
Les scientifiques et les professionnels
de la santé s'entendent généralement sur le fait
qu'une alimentation saine devrait être constituée en majeure
partie d'une variété de glucides et que les sucres ne
causent pas de maladies reliées aux habitudes de vie. Ceci contraste
radicalement avec les messages que les consommateurs entendent le plus
fréquemment, tels que ceux qui vantent les avantages d'un régime
faible en glucides. Comme on peut s'y attendre, les études auprès
des consommateurs démontrent que la majorité des Canadiens
ne comprennent pas bien les glucides et de leurs effets sur la santé.
Au Canada, les recommandations nationales relativement à la
nutrition suggèrent aux Canadiens de consommer une plus grande
quantité de glucides de sources variées. Cette consommation
accrue devrait privilégier les aliments riches en amidon et en
fibres et il n'y a aucune recommandation de modifier la consommation
de sucres. Les avantages mentionnés sont qu'ils aident à
réduire la consommation de matières grasses et à
diminuer le risque de maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques
et certains cancers. Le plus récent rapport consensuel d’experts
internationaux sur les glucides renforce ces recommandations et conclut
que le régime optimal devrait tirer <<
au moins 55 % de l'énergie d'une variété de sources
de glucides >>(1). En ce qui concerne les
fractions glucidiques, le rapport conclut <<
que la majorité des aliments consommés contenant des glucides
sont ceux à haute teneur en polysaccharides non amylacés
et dont l'indice glycémique est faible >>
et qu' << il n'y a aucune preuve d'une implication
directe du saccharose, des autres sucres et de l'amidon dans l'étiologie
des maladies reliées au style de vie >>.
De telles preuves scientifiques ont été traduites en conseils
diététiques à l'intention des consommateurs. Les
directives alimentaires de la FAO et de l'OMS (2) et le Guide alimentaire
canadien mettent l'accent sur les céréales, les pains,
les autres grains, les légumes et les fruits et reconnaissent
que des quantités modérées de sucre sont compatibles
avec une alimentation variée et nutritive.
Malheureusement, malgré les efforts déployés par
les scientifiques et les nutritionnistes pour communiquer des conseils
judicieux en matière d'alimentation, les sondages auprès
des consommateurs indiquent que les Canadiens ont une compréhension
limitée de ces messages. Les études disponibles démontrent
que, contrairement aux préoccupations de réduction du
gras, relativement peu de Canadiens se préoccupent d'accroître
leur consommation de glucides et la plupart des Canadiens ont une faible
compréhension des différents composants glucidiques (amidon,
fibres, sucre).
L'Enquête nationale sur la santé de la population du Canada
(4) a relevé que 59 % des Canadiens essayaient de réduire
leur consommation de gras tandis que seulement 26 % essayaient d'augmenter
leur consommation d'amidon et de fibres. Dans une autre étude
(5), plus de la moitié des personnes interrogées voulaient
réduire leur ration de lipides (73 %), de cholestérol
(62 %), de gras saturés (60 %), de sucres (56 %) et de calories
(55 %), tandis que seulement 16 % essayaient d'augmenter leur ration
de glucides et que 22 % essayaient de réduire leur ration de
glucides.
Les résultats d'un sondage bisannuel mené par l'Institut
canadien du sucre (3) démontrent que les Canadiens ont en général
une faible compréhension du sucre en relation avec la nutrition
et la santé. En 2000, seul un faible pourcentage de personnes
étaient entièrement d'accord avec la suggestion que le
sucre est un glucide (35 %), qu'il est compatible avec une alimentation
saine (17 %), et qu'il contient la moitié moins de calories que
les lipides (9 %).
De plus, la proportion des personnes qui sont d'accord avec ces énoncés
a diminué depuis 1998 (47 %, 26 % et 15 % respectivement). Par
surcroît, contrairement aux données scientifiques, une
forte proportion de consommateurs sont entièrement d'accord avec
la suggestion que le sucre cause l'hyperactivité (34 %), le diabète
(34 %) et l'obésité (21 %). Pour plus de détails,
voir les chiffres ci-dessous.

Le manque de compréhension du lien entre les glucides et la
santé est aussi reflété dans l'information que
les consommateurs recherchent sur les étiquettes des produits
alimentaires. Malgré l'importance d'une forte teneur en glucides
et en fibres dans une alimentation saine, seulement 3% des personnes
veulent que les étiquettes donnent de l'information sur les glucides
et 2 % sur les fibres comparativement à 46 % sur les lipides,
16 % sur les calories et 11 % sur le sucre (5). On remarque chez les
personnes atteintes de diabète qu'on porte une attention beaucoup
plus marquée sur la teneur en sucre. Bien que les lignes directrices
concernant le diabète mettent l'accent sur le contrôle
du poids et sur la ration totale de glucides plutôt que sur la
quantité de sucre (6), 29 % des répondants atteints de
diabète voulaient connaître la teneur en sucre des aliments,
tandis que seulement 12 % d'entre eux désiraient de l'information
sur les calories, 2 % sur les glucides et 0 % sur les fibres.
Une des raisons pour lesquelles les Canadiens ont une mauvaise compréhension
des glucides pourrait être les sources d'où ils tirent
leur information sur la nutrition. Parmi les 15 catégories, les
principales sources d'information sur la nutrition sont les étiquettes,
la radio et la télévision, les amis et la famille, les
magazines, la publicité sur les aliments, les livres et les journaux
(7). Les médecins viennent au huitième rang et les diététistes/nutritionnistes
au quatorzième rang. Ainsi, la connaissance des consommateurs
et leur interprétation des messages portant sur la nutrition
relativement aux glucides pourrait diverger de l'orientation scientifique
et diététique courante. L'information nutritionnelle contenue
dans certains livres populaires et vantant les avantages des régimes
faibles en glucides et mettant l'accent sur l'exclusion de certains
éléments nutritifs comme le sucre, contribuent probablement
à cette confusion. Il est clair qu'il faudra relever l'imposant
défi de trouver des messages simples et compréhensibles
relativement aux glucides, qui seront accessibles aux consommateurs
pour leur permettre d'adopter un régime alimentaire plus sain.
References
- FAO/OMS : Expert consultation. Carbohydrates in human nutrition.
1998.
- FAO/OMS : Expert consultation on Food-Based Dietary Guidelines.
1996.
- Ipsos-ASI. Sugar Tracking Study. 2000.
- Statistique Canada (1994-95). Enquête nationale sur la santé
de la population, Questions supplémentaires sur la santé.
- Institut national de nutrition (1999) : Étiquetage nutritionnel
et le consommateur.
- Wolver TM, et al. Canadian Journal of Diabetes Care. 1999; 23 :
56-69.
- Institut national de nutrition (1997) : Évolution et tendances.
Les obstacles au
changement –
Résultats de l'enquête ontarienne sur l'alimentation
Rena Mendelson, MS, DSc, dt.p., professeure de nutrition, Université
Ryerson
L'enquête ontarienne sur
l'alimentation (OFS) est une des nombreuses études en cours dans
diverses provinces à l'heure actuelle. Jusqu'à maintenant,
trois autres provinces ont procédé de la même façon,
soit la Nouvelle-Écosse, le Québec et la Saskatchewan.
L'OFS est un projet conjoint de l'Université Ryerson, l'Université
de Toronto - Programme sur la sécurité alimentaire, la
Fondation des maladies du coeur de l'Ontario, le ministère de
la Santé de l'Ontario et Santé Canada. Même si l'enquête
a été effectuée en 1997-98, les données
font présentement l'objet d'une analyse. L'objectif de l'enquête
était de récolter de l'information au sujet de la consommation
d'éléments nutritifs et d'aliments ainsi que sur les habitudes
alimentaires de la population adulte en Ontario. Il y avait aussi d'autres
éléments secondaires touchant la santé et l'alimentation
dans cette enquête.
L'enquête en question basée sur des entrevues à
domicile effectuées par des personnes bien formées, comprenait
un rappel des 24 dernières heures, un questionnaire de fréquence
de consommation de certains aliments, des mesures anthropométriques,
un questionnaire pour les données démographiques et un
questionnaire sur la santé en général. De l'échantillon
aléatoire comprenant 6 284 sujets, seulement 2 881 participants
ont pu être rejoints pour prendre part au sondage. De ce nombre,
1 189 (41 %) ont répondu. Un élément de l'enquête
était de savoir si la population avait l'intention de modifier
la consommation de certains aliments et quels étaient les obstacles
pour y arriver. L'objectif de l'étude était d'examiner
le lien de certains aliments divisés en sept groupes alimentaires
(voir tableau des groupes). Si les participants déclaraient vouloir
changer cette consommation, on leur demandait quelles étaient
les raisons de cette motivation. Les réponses étaient
ensuite divisées par catégories représentant huit
obstacles : information/connaissances, préparation, préférence,
disponibilité, coût, santé, habitudes ou autres.
Sauf dans le cas des fruits, légumes et jus, la plupart des
participants ont indiqué qu'ils voulaient garder le même
niveau de consommation des groupes alimentaires en question (voir tableau).
Les participants ont soulevé trois raisons principales pour garder
le niveau comme il est présentement : <<
Je mange déjà bien >>
(73,6 %), << Je ne veux pas faire de changements >> (12,9 %) et << J'ai
déjà fait des changements >>
(10,6 %). En général, il y avait plus d'hommes que de
femmes qui étaient satisfaits de leur consommation actuelle des
aliments. Pour ce qui est d'augmenter la consommation, la plupart des
participants visaient les groupes des fruits, légumes et jus
ainsi que des viandes et substituts. Fait intéressant à
souligner, alors que les Recommandations canadiennes sur la nutrition
insistent sur le besoin d'augmenter les aliments riches en glucides,
les participants n'étaient pas vraiment intéressés
'à augmenter leur consommation de pain, de riz ni de produits
céréaliers.
| Volonté d'augmenter, de diminuer ou de garder le niveau de consommation
: hommes par rapport aux femmes |
|
Augmentation
(%) |
Diminution
(%) |
Même
niveau (%) |
|
Hommes |
Femmes |
Hommes |
Femmes |
Hommes |
Femmes |
Fruits/légumes/jus |
52 |
62 |
2 |
1 |
46 |
37 |
| Viandes substituts |
23 |
37 |
3 |
2 |
74 |
61 |
| Lait et produits laitiers |
16 |
32 |
10 |
3 |
74 |
60 |
| Pain/riz/produits
céréaliers |
12 |
19 |
11 |
16 |
75 |
65 |
Viandes/poisson/
volaille/œufs |
16 |
15 |
14 |
18 |
70 |
67 |
Sucreries/sucres/
boissons gazeuses |
6 |
5 |
29 |
38 |
65 |
57 |
| Huiles/margarine/beurre |
5 |
1 |
24 |
30 |
74 |
69 |
Dans l'ensemble, les trois obstacles principaux empêchant de
changer la consommation de certains aliments étaient la préférence,
l'habitude et la préparation. Plus précisément,
la réponse la plus fréquente pour ne pas augmenter la
consommation était l'habitude, alors que la réponse la
plus indiquée pour ne pas diminuer la consommation était
la préférence. Points à souligner, la santé,
le coût et les connaissances étaient des facteurs ayant
une influence minime sur les changements d'habitudes alimentaires.
L'enquête OFS donne des renseignements utiles sur la perception
individuelle de la consommation actuelle et des obstacles empêchant
les changements d'habitudes alimentaires. Les professionnels de la santé
voudront peut-être maintenir la volonté de garder les consommations
au niveau actuel alors que les études indiquent que la population
consomme des portions inadéquates de certains groupes alimentaires.
De la même façon, les programmes d'éducation sur
la nutrition pourront être modifiés de façon à
cibler les obstacles principaux empêchant le changement d'habitudes
alimentaires. Cette information explique la logique derrière
la consommation individuelle d'aliments ainsi que les habitudes de consommation
et montre que la préférence reste toujours un des facteurs
principaux influençant le choix des aliments.
Published in English under the name: Carbohydrate News.
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Conseil consultatif scientifique
Harvey Anderson, Ph.D.
Professor, Department of Nutritional Sciences
Faculty of Medicine
Université of Toronto
Marianne Lamb, RN, M.N.
Director and Associate Professor,
School of Nursing
Memorial Université of Newfoundland
Rena Mendelson, D.Sc., RD
Associate Vice President, Academic
School of Nutrition
Ryerson Polytechnic Université
Anthony M. Ocana, M.Sc., RDN, MD, CCFP
Family Physician, Registered Dietitian
Université of British Columbia
Alison M. Stephen, Ph.D.
Professor, Division of Nutrition and Dietetics
College of Pharmacy and Nutrition
Université of Saskatchewan
Huguette Turgeon O’Brien, Ph.D., Dt.P.
Professor, Department of Food Sciences and Nutrition
Faculty of Agriculture and Food Science
Laval University
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