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Professionnels de la santé
L’Obésité l'activité
physique et l'environnement construit par l'homme
Rena Mendelson, D.Sc., Dt.P, professeure, École de
nutrition, Université Ryerson
L’Organisation mondiale de la
santé considère que l’obésité est
un des problèmes de santé publique principaux en ce début
de 21e siècle.(1) Au Canada, la
prévalence d’embonpoint et d’obésité
chez les adultes a connu une hausse marquée au cours des dix
dernières années, au point où près de la
moitié de la population se classe maintenant dans les groupes
d’embonpoint (33 %) ou obèses (15 %).(2) La prévalence est aussi en hausse chez les adolescents (11 à
16 ans), alors que 15 % d’entre eux souffrent d’embonpoint
et 5 % sont obèses.(3)
Le gain de poids et l’obésité surviennent lorsque
l’on consomme plus d’énergie alimentaire que
ce que l’on utilise dans les fonctions normales du corps,
l’activité physique et la croissance (p. ex., les enfants).
L’activité physique représente environ de 15
à 30 % des dépenses totales en énergie.(4) La quantité d’énergie utilisée dans les
activités physiques est variable et peut être modifiée
en fonction du type d’activités.
L’obésité s’explique par un déséquilibre
énergétique causé par une combinaison de facteurs
génétiques et environnementaux qui déterminent
les besoins énergétiques d’une personne, sa
consommation d’aliments et son activité physique. Sur
le plan scientifique, les facteurs génétiques de l’obésité
sont beaucoup mieux compris. Cependant, la prévalence de
l’obésité augmente à un tel taux que
les facteurs génétiques à eux seuls ne peuvent
expliquer cette situation. Nous pensons plutôt que l’augmentation
actuelle du taux d’obésité s’explique
par des changements dans l’environnement faisant que la consommation
d’énergie est trop grande et que l’activité
physique diminue. Par exemple, les facteurs environnementaux favorisant
une consommation d’énergie accrue comprennent l’abondance
des aliments et des établissements de restauration ainsi
qu’un plus grand nombre de repas composés de plats
déjà préparés et consommés à
l’extérieur du foyer. Cet environnement en mutation
limite aussi l’activité physique en raison des occupations
sédentaires, des innovations technologiques, des loisirs
passifs et des transports automatisés, etc.
Rester actif est un facteur important pour demeurer en santé.(5) Le rapport sur les Apports nutritionnels de référence
pour les macronutriments recommande que les adultes passent au moins
une heure par jour à faire des activités modérées
pour garder un poids sain.(6) Les activités
physiques comprennent aussi bien des activités structurées,
comme l’exercice et les sports que des activités de
la vie quotidienne comme le travail de maison et de jardin, marcher
ou faire du vélo pour aller magasiner, se rendre au travail
ou à l’école. Alors que l’exercice et
les sports peuvent nécessiter de l’habileté,
du talent ou de la motivation et des moyens financiers, les activités
de la vie quotidienne sont nécessaires et présentent
peu d’obstacles en général.
L’environnement construit par l’homme peut avoir des
effets sérieux sur l’activité physique. Il est
défini comme suit : « choses construites par l’homme
dans l’environnement physique; immeubles, infrastructure et
autres éléments physiques créés ou modifiés
par l’homme, ainsi que l’utilisation fonctionnelle,
l’arrangement spatial et les qualités esthétiques
de ces éléments ».(7) Les facteurs de cet environnement favorisant l’activité
physique comprennent l’accès à des installations
récréatives, les parcs, les terrains de jeu, les trottoirs,
les pistes cyclables, les sentiers pour piétons et la sécurité
des rues et voisinages.
L’importance des activités de la vie quotidienne comme
se rendre au travail en marchant ou à bicyclette ou encore
prendre les transports en commun a diminué au cours des trente
dernières années. Ceci parce que l’aménagement
urbain de la fin du 20e siècle séparait les logements
en quartiers sans accès immédiats à des services
comme les magasins, les restaurants ou autres types de divertissements.
Dans ses recherches sur deux villes américaines, Frank et
ses collègues(8) ont démontré
que les taux d’embonpoint et d’obésité
sont moindres dans les environnements urbains où les services
et installations se trouvent à une distance raisonnable à
pied ou à bicyclette. Comparativement aux zones de banlieue,
surtout composées de maisons et logements, ces collectivités
utilisent le territoire de façon plus variée. Ils
suggèrent que les zones de banlieue nécessitent d’avoir
recours à la voiture puisque la distance entre les maisons
et les services est trop grande. Ceci parce que certaines rues n’ont
pas de trottoirs ou que les cul de sac ne donnent pas accès
facilement à d’autres rues.(9)
| Un territoire plus varié se définit comme « la proximité relative de différents territoires
dans une surface donnée. Il comprendrait non seulement
des maisons, mais aussi des magasins, des bureaux, des arcs
et mme d'autres types d'aménagements. » (10) |
Cet aspect semble être un des facteurs environnementaux principaux
de la relation entre les activités de la vie quotidienne et le poids corporel. Frank et ses collègues(8) ont souligné que le risque d’obésité diminue
de 4,8 % pour chaque kilomètre parcouru à la marche
par jour et augmente de 6 % pour chaque heure passée dans
la voiture. Ces pourcentages ne dépendent pas du revenu ni de
l’éducation. Cependant, il n’est pas clair si les
niveaux d’activité physique plus élevés dans
les environnements facilitant les déplacements à pied
s’expliquent par les différences entre les types de personnes
qui s’installent dans ces régions ou tout simplement par
l’environnement physique. Les gens qui décident de vivre
dans un milieu plus urbain acceptent d’avoir moins de place pour
pouvoir se déplacer à pied, avoir des zones de services
assez denses et se rendre au travail plus rapidement. Ces gens peuvent
aussi avoir des statuts socioéconomiques distincts, un autre
facteur pouvant modifier le poids corporel.
La promotion de l’activité physique par le biais du sport
et des loisirs est une façon de s’attaquer au déséquilibre
énergétique pouvant créer l’obésité.
Ceci dit, les seules interventions ayant eu du succès sont celles
comprenant des politiques environnementales visant à créer
de l’espace pour permettre de se consacrer aux activités
physiques et les programmes de promotion encourageant son utilisation.(11) Cependant, on s’intéresse de plus en plus à la question
de l’environnement construit par l’homme et des possibilités
d’accomplir les activités de la vie quotidienne grâce
à une meilleure utilisation de l’espace urbain. Les changements
à cet environnement pour favoriser l’activité physique
nécessiteront la coopération des divers paliers de gouvernement,
des entrepreneurs privés et des groupes communautaires. L’attention
que nous portons actuellement à la « crise de l’obésité
» suscite l’intérêt de ces professionnels et
peut être un pas dans la bonne direction (voir www.activelivingbydesign.org).
Références
- Organisation mondiale de la santé. Rapport sur la santé
dans le monde 2002. Genève : Organisation mondiale de la santé
2002.
- Statistique Canada. Indicateurs de santé Volume 2004 no
1. Ottawa : Statistique Canada 2004.
- Janssen I, et coll. J Adolesc Health 2004;35:360-7.
- Poehlman ET, Horton ES. In: Shils ME, et coll. eds. Modern Nutrition
in Health and Disease 9th Edition. Philadelphia: Lippincott Williams
& Wilkins, 1999.
- Blair SN, Church TS. JAMA 2004;292:1232-4.
- Institute of Medicine. Dietary Reference Intakes: Energy, Carbohydrate,
Fiber, Fat, Fatty Acids, Cholesterol, Protein, and Amino Acids. Washington
DC: National Academies Press, 2002.
- Institute of Medicine. Preventing Childhood Obesity. Washington
DC: National Academies Press, 2005.
- Frank LD et coll. Am J Prev Med 2004;27:87-96.
- Frank LD et coll. Health and Community Design: The Impact of the
Built Environment on Physical Activity. Washington DC: Island Press,
2003.
- Handy, SL et coll. Am J Prev Med 2002;23:64-73.
- Kahn EB et coll. Am J Prev Med 2002;22:73-107.
Apports nutritionnels de référence pour l'activité physique
Les apports nutritionnels de
référence (ANREF) sont une série de recommandations
sur les éléments nutritifs pour les Canadiens et les Américains
en santé publiées par le US Institute of Medicine en collaboration
avec Santé Canada. En plus des recommandations sur les nutriments,
le rapport des ANREF porte sur les macronutriments et comprend des recommandations
sur l’activité physique afin de réduire les risques
de maladie et de garder un poids santé.1 Ces recommandations
feront l’objet d’un examen par Santé Canada afin
de mettre au point les éléments qu’il faudra porter
à l’attention de la population canadienne. Cet article
est un résumé des principales recommandations et des avantages
de l’activité physique provenant du rapport sur les ANREF.
Recommendations sur l'activité physique
Le rapport recommande de consacrer chaque jour 60 minutes à
des activités physiques modérées (p. ex., marche/jogging
de 6 à 8 km/h) pour éviter de prendre trop de poids ainsi
que pour en tirer des avantages pour la santé autres que ceux
touchant le poids. Ces niveaux d’activités pour les adultes
et les enfants correspondent à un style de vie « actif
» et s’ajoutent aux activités habituelles sédentaires
(p. ex., celles nécessaires pour vivre de façon indépendante).
Le rapport souligne que certains avantages peuvent être obtenus
avec au moins 30 minutes d’activité physique modérée
presque tous les jours de la semaine; cependant, ceci n’est pas
considéré suffisant pour garder un poids santé
chez les adultes correspondant à l’écart de l’indice
de masse corporelle (IMC) de 18,5 à 25 kg/m2 et pour obtenir
tous les bénéfices au niveau de la santé. Cette
recommandation est plus élevée que celle du Surgeon General’s
Report de 1996, mais semblable à celle du Guide d’activités
physiques canadiens ( http://www.phac-aspc.gc.ca/hp-ps/hl-mvs/pag-gap/index-fra.php ).
L’activité physique pour un mode de vie actif
Il est important de souligner que les recommandations concernant
l’activité physique dans le rapport tiennent compte de
l’activité « accumulée » régulièrement
(p. ex., 4 à 7 jours par semaine) et comprend aussi bien l’activité
de faible intensité (p. ex., utiliser l’escalier au travail)
que des exercices plus exigeants (p. ex., jogging et aérobique).
La marche et le jogging sont souvent considérés comme
des « activités de référence » puisque
ce sont des activités physiques les plus courantes de nos vies
quotidiennes. Toute une série d’autres activités
peuvent viser les mêmes objectifs et doivent être évaluées
en ce qui concerne leur « équivalence en termes de marche/jogging
». Le tableau suivant donne une évaluation de la durée
des activités quotidiennes et de loisirs correspondant à
60 minutes de marche.

Avantages de l'activité physique
En plus de contrôler le poids corporel, consacrer une heure par
jour à des activités supplémentaires permet de
diminuer les risques de maladies chroniques, en modifiant les profils
des lipides sanguins et en diminuant la masse corporelle et/ou en augmentant
la masse musculaire. Certains des bénéfices pour la santé
sont les suivants :
- taux de mortalité inférieur
- diminution du risque d’obésité
- diminution du risque de diabète de type 2, diminution de
l’obésité totale et abdominale, deux des facteurs
de risque du diabète de type 2
- plus faible taux de mortalité causé par l’insuffisance
coronaire
- augmentation du cholestérol des lipoprotéines de
haute densité (HDL) et diminution des triacylglycérols
sériques, baisse de la tension artérielle, amélioration
de l’efficacité du glucose et de la sensibilité
à l’insuline, diminution des arythmies du coeur
- diminution des risques de cancer du côlon et du sein
- plus grande masse osseuse chez les enfants et adolescents; masse
osseuse suffisante chez les adultes; plus grande force musculaire,
meilleure coordination et flexibilité pouvant aider les personnes
âgées à éviter de tomber et d’avoir
des fractures
- changements favorables au niveau de l’anxiété,
de la dépression, de la réaction au stress, de l’humeur,
de l’estime de soi et des fonctions cognitives.
Références
- Institute of Medicine. Dietary Reference Intakes: Energy, Carbohydrate,
Fiber, Fat, Fatty Acids, Cholesterol, Protein, and Amino Acids. Washington
DC: National Academies Press, 2002.
À quel point les Canadiens sont ils actifs?
L’Enquête sur
la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC)
de 2003 par Statistique Canada donne l’information sur le temps
consacré à l’activité physique durant les
loisirs. Les données montrent que près de la moitié
des Canadiens de 12 ans et plus (47 %) sont inactifs physiquement,
que 24 % sont modérément actifs et que seulement
26 % sont actifs physiquement. Étant donné que
la plupart des bénéfices pour la santé sont reliés
à l’activité physique à intervalles réguliers,
ces données suggèrent que 71 % des Canadiens sont considérés
comme n’étant pas assez actifs pour en retirer des bénéfices
pour leur santé. Ces données montrent aussi que les gens
sont moins actifs à mesure qu’ils vieillissent et que les
hommes sont plus actifs que les femmes (voir tableau).
| Âge |
Actif physiquement (%) |
| Total, 12 ans et plus |
26,.1 |
| Hommes |
29,8 |
| Femmes |
22,7 |
| 12 à 19 |
47,3 |
| 20 à 34 |
28,5 |
| 35 à 44 |
24,0 |
| 45 à 64 |
21,1 |
| 65 ans et plus |
17,2 |
| L’ESCC
définit l’inactivité
physique comme dépensant moins de 1,5 kcal/kg de poids corporel/jour (soit environ une
demi-heure de marche cumulative); l’activité
physique modérée représente 1,5
à 2,9 kcal/ kg/jour; et l’activité
physique est de l’ordre de plus de 3,0 kcal/kg/jour
(environ une heure de marche cumulative). |
L’activité physique durant les loisirs varie aussi
en fonction des provinces et la proportion la plus importante de
gens actifs se trouve en Colombie-
Britannique alors que la moins grande est au Nouveau Brunswick (voir
tableau). De plus, à mesure que les niveaux d’éducation
et de revenu augmentent, la proportion de gens actifs augmente.

Les glucides dans l'activité physique: état des recherches
Hargreaves M, Hawley JA, Jeukendrup A.,
Pre-exercise carbohydrate and fat ingestion: effects on metabolism
and performance.,
J Sports Sci 2004;22:31-8.
Examen du rôle des glucides alimentaires pendant l’entraînement
dans les jours avant la compétition et dans les heures suivant
immédiatement l’exercice. Les auteurs ont conclu qu’augmenter
la consommation de
glucides à ~10 g/kg de poids corporel dans les jours avant
la compétition augmente la quantité de glycogène
emmagasinée dans les muscles et améliore le rendement
dans les activités d’endurance de 90 minutes ou
plus. La consommation de glucides (~ 200-300 g) de 2 à 4
heures avant l’exercice augmente le taux de glycogène
dans le foie et les muscles et améliore le rendement subséquent
lors des exercices d’endurance.
L’effet de la consommation des glucides sur le glucose sanguin,
les concentrations d’acides gras et l’oxydation du glucide
pendant l’exercice dure au moins 6 heures. Toutes les études
récentes montrent que l’on obtient des performances
semblables ou supérieures pendant l’exercice d’endurance
après l’ingestion de glucides dans l’heure avant
l’exercice. L’expérience personnelle sert à
déterminer le meilleur protocole de consommation avant l’exercice.
L’augmentation du gras avant l’exercice diminue l’utilisation
des glucides pendant les exercices subséquents, mais n’a
pas d’effet précis sur les performances.
Burke LM, Kiens B, Ivy JL.,
Carbohydrate and fat for training and recovery.,
J Sports Sci 2004;22:15-30.
Le but de cet article était de proposer des révisions
aux lignes directrices de 1991 sur les besoins en glucides pour les
athlètes pendant l’entraînement et la récupération.
Les athlètes doivent consommer des glucides pour leur donner
suffisamment d’énergie pour leur programme d’entraînement
et pour maximiser la restauration du glycogène dans les muscles
entre les séances d’entraînement. Il est préférable
de choisir des aliments riches en nutriments comprenant des protéines
qui peuvent favoriser une récupération supplémentaire
du glycogène lorsque la consommation de glucides n’est
pas optimale. Si les périodes entre les séances d’entraînement
sont de <8 heures, la consommation de glucides doit avoir lieu le
plus tôt possible après la première séance.
Il y a peut être certains avantages à respecter les objectifs
de consommation de glucides par une série de goûters au
début de la phase de récupération, mais pour les
phases de récupération plus longues (24 heures), la quantité
et le moment des repas et goûters riches en glucides doivent correspondre
à ce qui est pratique et convenable pour la personne en question.
Les aliments riches en glucides ayant un indice glycémique modéré
à élevé sont une source facilement disponible de
glucides dans la synthèse du glycogène par les muscles
et devraient constituer la part principale de glucides dans les repas
de récupération. Rien ne prouve que les régimes
riches en matières grasses et faibles en glucides viennent améliorer
les performances.
Carbohydrate News
Glucides-Info est un bulletin annuel destine aux professionnels de
la santé et publié par le Service d'information sur la
nutrition de l'Institute Canadien du Sucre. Le Service d'information
sur la nutrition est géré par des diététistes
professionnelles et des chercheurs dans le domaine de la nutrition.
Notre conseil consultatif scientifique supervise les travaux du service,
don't le manadat est de fournir de l'information scientifiique à
jour sur les glucides, le sucre et la santé.
Remerciements :
Gérald Fortier pour la traduction du document; Huguette Turgeon-O'Brien,
PH.D., DT.P. pour la révision de la version française.
Published in English under the name: Carbohydrate News.
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Conseil consultatif scientifique
Harvey Anderson, Ph.D.
Professor, Department of Nutritional Sciences
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Université of Toronto
Marianne Lamb, RN, M.N.
Director and Associate Professor,
School of Nursing
Memorial Université of Newfoundland
Rena Mendelson, D.Sc., RD
Associate Vice President, Academic
School of Nutrition
Ryerson Polytechnic Université
Anthony M. Ocana, M.Sc., RDN, MD, CCFP
Family Physician, Registered Dietitian
Université of British Columbia
Alison M. Stephen, Ph.D.
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