La première raffinerie du Canada a été fondée en 1818, soit près d'un demi-siècle avant la Confédération à Halifax. Jusqu'alors, le Canada avait dû dépendre des importations de sucre brut de mauvaise qualité ou de sucre raffiné à prix élevé. À mesure que la population s'accroissait, se produisait une augmentation de la demande pour un approvisionnement constant en sucre raffiné, à bas prix, de la part des consommateurs comme de celle des industries alimentaires naissantes. Les tentatives pour maintenir les opérations de raffinage en Nouvelle-Écosse n'ayant donné aucun résultat, la nécessité d'une industrie nationale s'imposait de plus en plus. En 1854, une raffinerie s'est établie à Montréal en raison du port en eaux profondes qui lui permettait de recevoir des cargaisons de sucre de canne brut en provenance des Antilles. En 1879, une seconde raffinerie était bâtie à Montréal.

L'arrivée du chemin de fer du Canadien Pacifique (Canadian Pacific Railway) sur la côte ouest a crée de nouveaux débouchés pour l'industrie. En 1890, une raffinerie s'est établie à Vancouver, car cet emplacement idéal lui permettait de recevoir des cargaisons de sucre de canne brut de régions du Pacifique tout en ayant accès aux marchés de l'Ouest en pleine croissance.

À la même époque, l'industrie betteravière tentait pour la première fois de s'implanter au Canada. Au Québec et en Ontario, la culture de la betterave à sucre a connu du succès pendant de nombreuses années avant d'être finalement supplantée par d'autres cultures concurrentes. Les provinces des Prairies, pour leur part, étaient bien situées par rapport aux raffineries de sucre de canne, ce qui a suffisamment stimulé l'économie pour assurer la viabilité de l'industrie betteravière.

En 1912, un groupe d'hommes d'affaires montréalais a fait construire une raffinerie de sucre de canne sur la côte est, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. L'inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent, quelques années plus tard, a permis l'établissement d'une autre raffinerie de sucre de canne, à Toronto. L'industrie sucrière canadienne s'est ainsi rapprochée des consommateurs et des autres industries, deux marchés en pleine croissance. Dès le début de son histoire, l'industrie sucrière canadienne s'est engagée à offrir un produit de qualité et des prix avantageux. La population canadienne en profite toujours aujourd'hui.

Les entreprises de sucre au Canada

À l’heure actuelle, il y a trois raffineries de sucre de canne et une raffinerie de betterave à sucre au Canada. Les raffineries de sucre de canne sont situées à Vancouver (Sucre Rogers), Toronto (Sucre Redpath) et Montréal (Sucre Lantic). L’usine de betterave à sucre se trouve à Taber en Alberta.

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Sucre Lantic tire son origine de Acadia Sugar Refining Co., une corporation écossaise résultant de la fusion de trois raffineries établies en Nouvelle-Écosse. En 1912, les raffineries des Maritimes (Atlantic Sugar Refineries) on fait construire une raffinerie de sucre de canne à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. La raffinerie St-Laurent a été construite sur les rives de fleuve dont elle porte le nom, en 1888. Au fil des ans, la bâtisse et les installations de raffinage ont été fréquement mis à jour. En 1981, Sucre Lantic a institué un programme de diversification et de rationalisation de sa production qui se termine avec l'achat de Sucre St-Laurent à Montréal en 1984. En 2000, Lantic ferme l'usine de Saint-John. Parallèlement, la compagnie consolide ses operations de raffinage et investit pour améliorer la raffinerie de Montréal, doubler la capacité de l’usine qui continue de servir les marchés du centre et de l’est du pays.

Sucre Redpath a été fondé à Montréal, en 1854, sous l'appellation de The Canada Sugar Refining Co. Ltd. C'est John Redpath, un écossais entreprenant, qui avait entrevu pour le Canada la possibilité de produire son propre sucre raffiné. En 1930, la compagnie a fusionné avec l'entreprise The Dominion Sugar Company située à Chatham, en Ontario. Les usines qu'elle possédait à Chatham et à Wallaceburg axaient leur production sur la betterave à sucre. En 1959, la compagnie, portant la nouvelle appellation de Redpath Sugars Ltd., inaugura sa principale raffinerie à Toronto, à proximité des quais. Cette raffinerie est toujours en activité. Au cours des vingt années suivantes, l'entreprise a procédé à la consolidation de toute sa production sucrière à la raffinerie torontoise. En 1998, Redpath a terminé un plan d'expansion et de modernisation à grande échelle de ses installations à Toronto.

Sucre Rogers a été fondée en 1890 par B.T. Rogers, un homme d'affaires animé d'un grand esprit d'entreprise. Constatant le prix élevé du transport ferroviaire du sucre raffiné, de Montréal à Vancouver, M. Rogers a saisi l'occasion que se présentait pour la côte ouest de raffiner son propre sucre. L'emplacement stratégique de Vancouver lui permettait d'avoir accès aux cargaisons de sucre brut en provenance du Pacifique et d'acheminer le sucre raffiné aux agglomérations de l'Ouest canadien. La raffinerie de Rogers a été la première industrie d'importance à Vancouver dont la production n'était pas axée sur l'exploitation forestière ou les pêcheries.

M. Rogers s'est intéressé à l'industrie betteravière dès 1930 comme en témoignent ses usines d'alors, à Raymond et à Picture Butte, en Alberta. L'usine de Rogers à Winnipeg a ouvert ses portes en 1940, mais a dû arrêter ses opérations en 1997 en raison d'une diminution drastique de l'accès au marché américain. Aujourd'hui, la compagnie exploite une usine construite en 1950 à Taber, en Alberta. L’agrandissement de l’usine a été terminé en 1999, portant sa capacité à 50 % de plus.